TOUTES L'HISTOIRE DU FOOT

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TOUTES L'HISTOIRES DU FOOT DES LE DÉBUT 

h1. TITRE FOOT  1Inventé par les Britanniques, le football codifié à Londres en 1863 est d'abord pratiqué en France au nord d'une ligne Caen - Paris - Laon, principalement en milieu scolaire. L'un des premiers cas est signalé en décembre 1867 dans un article du Monde illustré qui mentionne la pratique à l'institution internationale de Chatou, banlieue ouest de Paris, sur l'initiative d'élèves du collège international de Londres1. Dès les années 1880, le football est l'un des jeux préférés des écoliers et lycéens. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont que très rarement les professeurs de gymnastique qui introduisent le jeu dans les cours de récréation. Les professeurs d'anglais, en revanche, rapportent ballons et règles du jeu de leurs voyages linguistiques au Royaume-Uni.

Parallèlement à cette introduction en milieu scolaire, quelques Anglais font démonstration de leur sport au cours de rencontres qui marquent parfois longtemps les mémoires. Ainsi, les ports et les villes de passage connaissent ces rencontres précoces. Les Français sont rarement conviés à jouer et les Anglais repartent toujours avec leur ballon. Les retombées locales sur la diffusion du jeu sont quasi nulles.

Le football s'organisant rapidement en Angleterre (professionnalisme dès 1885), la France ne peut rester longtemps à l'écart de ce nouveau phénomène. D'autant qu'un large mouvement très anglophile marquant la bourgeoisie depuis le Second Empire aide activement à l'introduction en France de la pratique sportive (aviron, athlétisme…). Toutefois, ces premiers sportifs français sont exclusivement recrutés parmi les meilleures familles du pays. La pratique du sport est alors perçue comme une forme de privilège. Or le professionnalisme bouleverse les habitudes de cette élite guindée. Ainsi, en 1914, l'Angleterre compte plus de 400 clubs professionnels et 6 000 joueurs opèrent sous ce statut. 4 740 sont même syndiqués.

L'opposition très farouche des dirigeants du sport français face à ces dérives britanniques pèse très lourdement sur l'expansion du football en France. L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), fédération omnisports fondée en 1887, a vocation à gérer l'ensemble du sport français. Le football est clairement boycotté par l'USFSA en raison de la peur panique du professionnalisme, des transferts et des paris (perçus alors en France comme le pire des défauts anglais) que génère ce sport outre-Manche. En revanche, le premier championnat de France USFSA de « football-rugby » a lieu dès 1891. Plusieurs dizaines de formations de rugby sont alors recensées à Paris, surtout en milieu scolaire.

Le 12 décembre 1888, se tient au Bois de Boulogne (Paris) en présence du président de la République, Sadi Carnot, un match opposant deux équipes de l'Association athlétique des élèves de l'école de Monge, fondée un mois plus tôt2.

Premier championnat à Paris (1894-1895)

h2. TITRE FOOT  2 L'USFSA se rend compte que, si elle n'intervient pas, l'association risque de s'organiser hors de son contrôle. Prenant le devant, elle promet l'institution d'une épreuve. C'est alors que les sociétés qui ne le sont pas demandent à être reconnus officiellement par l'UnionNote 1. Le 9 janvier 1894, l'Union décide la mise en place d'une commission composée de dirigeants de clubs parisiensNote 2 gérant le seul football-association. Le bulletin officiel de l'USFSA publie désormais des comptes rendus plus completA 1.

Un an après la première, le club anglais de Marylebone FC fait une seconde visite en France, accompagné du Belzice FC. La veille de Pâques, une sélection des meilleurs des deux clubs londoniens est opposée aux meilleurs éléments réunis du Club français, du Standard et des White Rovers. Les Français ne s’inclinent que 2-1, c'est Charles Bernat aidé par Fraysse qui marque le seul but parisienA 1.

L'anglais Alfred A. Tunmer, champion de France 1894 et 1895 avec son frère au Standart AC (puis avec le RCF champion de France du 1500 mètres 1897 et de cross-country 1898).

Respectant sa promesse, l'USFSA organise une compétition qu'elle désigne sous le terme de championnat, bien qu'il s'agisse d'un tournoi sous forme de coupe. Six clubs s'y engagent : le Club français, le Standard, les White Rovers, l'International ACA 1 et le CP Asnières, le CA Neuilly. Pour le premier Championnat de France de football USFSA, la finale oppose les deux onze britanniques. Après un premier match nul (2-2), il est décidé de rejouer le match plutôt que de le poursuivre. La rencontre rejouée le 5 mai 1894 voit le Standard s'imposer 2-0A 2, et devenir ainsi le 1er Champion de France de l'histoire.

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h3. TITRE FOOTLe football français découvre le professionnalisme (1932-1939)

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Le football français résiste au professionnalisme jusqu'en 1932. Les pères fondateurs du professionnalisme français sont Georges BayrouEmmanuel Gambardella et Gabriel Hanot.

Inexorable évolution, l'instauration du professionnalisme entraîne un resserrement de l'élite, nombre de clubs n'étant plus capables de suivre le rythme financier imposé. On s'arrangeait, avant 1932, pour rémunérer discrètement les joueurs ou leur trouver un emploi de complaisance. Avec l'officialisation du professionnalisme, ces pratiques restent l'apanage des clubs amateurs. Le rugby à XV, qui a tardivement admis le professionnalisme, connaît en cette fin de xxe siècle les mêmes problèmes. Ainsi, plusieurs joueurs de ballon ovale déclaraient récemment qu'ils gagnaient plus sous l'ère amateur que sous le label pro ! C'est cette « transition professionnelle » que connut le football français durant les années 1930, en pleine crise économique. Conséquence de cette situation, certains joueurs évoluent sous des pseudonymes afin de conserver leur emploi. Citons ici l'international Mercier, de son vrai nom Furois ou le juge Adolphe Touffait qui évolue au Stade rennais sous le nom de Delourme de 1933 à 1936.

L'instauration du professionnalisme en janvier 1932 ne modifie pourtant pas le cadre légal des clubs. Seule différence avec les milliers de clubs restés amateurs, les clubs pros sont des associations type 1901 autorisées par la F.F.F.A. à aligner des joueurs rémunérés. On parle de « clubs autorisés ».

Favorisant le resserrement de l'élite, l'instauration du professionnalisme coïncide avec la mise en place d'un championnat à caractère national. Face à l'émergence de ce championnat pro, les ligues régionales perdent de leur prestige, les meilleurs clubs quittant leurs championnats de Division d'Honneur (D.H.). On comprend les réticences de certains dirigeants de ligues tel Jooris à Lille.

Pas moins de 50 clubs présentent leur candidature au statut professionnel. 20 seulement sont sélectionnés. Une première division à deux groupes de dix clubs est alors mise en place (1932-33). Dès la saison suivante, 17 clubs sont admis à rejoindre les pros et une Division 2 est mise sur pied. Une Division 3 voit même le jour en 1936-1937, mais n'est pas reconduite. L'ouverture du football français au professionnalisme a pour conséquence de voir notre football rentrer de plain-pied sur le marché des transferts européens. Les joueurs britanniques, bien sûr, mais aussi ceux originaires d'Europe centrale (Autriche au premier chef) sont nombreux à rejoindre les clubs français désormais professionnels qui comptent ainsi dans leurs rangs quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète : citons ici Rodolphe HidenAndré Abegglen et Larbi Ben Barek. Ainsi, lors de la première édition du championnat professionnel (1932-33), sur 387 joueurs ayant le statut professionnel, 113 étaient des étrangers (29 %) ; 35 % la saison suivante. Le nombre des étrangers fut rapidement ramené à trois puis à deux (1938) par équipe afin de ne pas compromettre l'émergence de talents du cru.

La presse de l'entre-deux-guerres reste étrangement en retrait vis-à-vis du football, pourtant désormais sport national. L'Auto multiplie ainsi ses unes sur le cyclisme, les courses automobiles et le rugby, négligeant clairement le football. Meilleure illustration de cet état de fait, L'Auto préféra titrer sur le Grand Prix automobile d'Italie au lendemain de la première journée du premier championnat professionnel.

Le média émergeant de l'entre-deux-guerres est la radio. Les rencontres sont couvertes en direct sur les ondes dès les années 1920 et les stations deviennent sponsors d'épreuves ou de clubs. Mais déjà se pose le délicat problème de la concurrence entre radio et affluence. Par ailleurs, la guerre des images déjà en place dès avant la Grande Guerre fait toujours rage. Elle oppose les différentes compagnies d'actualités cinématographiques.

Sur la scène européenne, les clubs français sont considérés comme sérieux. La réputation de clubs comme le Red Star ou le Racing Club de Paris franchit largement les frontières. Arsenal, alors au faîte de sa gloire, accepte l'invitation annuelle des Pingouins du RCP pour disputer un match de charité. Le Racing-Arsenal devient un classique du calendrier (le plus souvent le 11 novembre, à partir de 1930) et reprend dès la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L'entre-deux-guerres marque la fin de la prédominance parisienne sur le football national. En 1924, une équipe de province, l'Olympique de Marseille, arrache la Coupe de France à l'armada des clubs parisiens. En 1932, quatre clubs de la capitale seulement franchissent le pas du professionnalisme. Le Racing répudie le désormais RC Paris tandis que le Stade français se refuse obstinément admettre cette révolution. Le Club Français et l'US Suisse abandonnent rapidement l'élite pro à la suite de la chute vertigineuse de leurs affluences.

Miné par des problèmes financiers inhérents au passage au professionnalisme et à la multiplication des longs déplacements, la guerre fauche le football professionnel alors seulement âgé de 7 ans. Un « effet Coupe du monde » avait même été noté depuis le mondial français de 1938, laissant présager d'un avenir radieux.

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